Vous n’êtes pas sans savoir que des interdictions de circulation drastiques se profilent à l’horizon 2016, et rien ne semble entraver la volonté de notre gouvernement de nous faire acheter un véhicule flambant neuf sauver de la méchante pollution automobile qui serait elle seule à l’origine de maladies respiratoires chroniques.
Pour bien comprendre l’ampleur du stratagème, il est important de revenir à sa source…
Souvenez-vous, c’était en 2010, Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM pour les intimes) initiait les ZAPA, Zones d’Actions Prioritaires pour l’Air, lors des « ASSISES nationales pour la qualité de l’air ». Le ton est donné! La traque aux criminels pollueurs est lancée par la ministre de l’environnement du gouvernement Sarkozy et les automobilistes sont en premières lignes !
Malheureusement pour eux, les mesures liberticides ne font que commencer. En effet, suite au changement de gouvernement et de ministère, le projet prend un nouveau nom, un nouveau concept, mais l’essence reste la même. C’est Anne Hidalgo, maire de Paris, qui se lance dans l’arène. D’ici 2020, elle souhaite tout simplement éradiquer du Grand Paris (Paris intramuros + 1er et 2e couronne) la totalité des véhicules diesel, les essences antérieurs à 2011 et toutes les motos produites avant 2015. La mise en oeuvre du plan débute en juillet 2016 dans Paris intra-muros avec des interdictions pour les voitures d’avant 1997 et les deux roues d’avant 2000. Sachant que ces derniers ne représentent que 1% des émissions totales de CO² comme on peut le voir dans le graphique de cette brochure du ministère de l’environnement en page 6.
La chasse aux motards, malgré leur facilité de circulation et leur impact CO² quasi inexistant, est bien au programme !

Peu importe, ce dispositif écolo-répressif n’est plus à une aberration près et les mesures de 2016 ne sont que les prémices d’une longue traque aux criminels automobilistes et motards.
Sur ce projet qui ne semblait que parisien, Ségolène Royale s’engouffre dans la brèche et souhaite aller plus loin. Elle impose tout sourire une vignette à la totalité des automobilistes dès le 1er janvier 2016, vignette ronde de couleurs différentes selon l’âge de votre véhicule :

Verte pour les électriques, violette pour les véhicules censés être les moins polluants car ils sont surtout les plus neufs, jusqu’à orange. Le pire étant de ne pas en avoir une collée à son pare-brise: Il s’agira des vieilles trapanelles montrées du doigt et traquées telles des parias du diktat écologique, interdits de présence dans les centres urbains.
Cette vignette vous sera envoyée ou pas par votre assureur qui, selon la ministre de l’environnement, semble être l’organisme le plus compétent pour cette mission de santé publique. Ségolène Royale nous rassure en nous expliquant que cette vignette est tout d’abord pédagogique et que selon sa couleur, elle donnera plus de droits à ceux qui arborent la verte mais occulte complètement l’idée d’interdiction pour ceux qui en auront une autre voire qui n’en auront pas sur leurs pare-brise !
Après avoir rétabli bon nombre de vérités et dénoncé certains mensonges manifestes, l’association « 40 millions d’automobilistes » dans son excellent guide « La pollution automobile pour les Verts » stipule que « les études préalables prévoient qu’il est nécessaire qu’un certain nombre d’usagers ne respectent pas les « zones basse émission » afin de rendre le modèle économiquement viable ». En gros, la chasse aux contrevenants est d’autant plus ouverte que ce seront les contraventions qui financeront le dispositif !
Ce dispositif est bancal et bâclé autant qu’il est injuste.
Injuste socialement tout d’abord, puisque ceux qui ne pourront acheter un nouveau véhicule, malgré l’engouement certain que montreront les organismes de crédit pour ce nouvel eldorado, deviendront des piétons ou des usagers privilégiés des transports en commun -ce qui fait rêver chacun d’entre nous, il faut l’avouer – tout en restant soumis à l’obligation du contrôle technique pour leur véhicule qui ne leur servira plus à grand-chose !
Injuste aussi car certains véhicules très performants produits en 2004 polluaient déjà bien moins que d’autres produits en 2014. Parmi ces derniers, certains ont même des résultats moins bons que des autos produites dans les années 70 !
Et puisque nous sommes dans les 70’s, les propriétaires de véhicules de collection ne semblent pas épargnés par ces mesures. En effet, le dernier flash info de la FFVE sur ce sujet date du 1er juillet 2015. Il traite d’une hypothétique exemption destinée aux véhicules en carte grise collection uniquement.
Enfin, les provinciaux qui toisaient les Parisiens, en pensant qu’ils étaient bien à l’abri dans leurs petites villes de province risquent de déchanter: Ségolène Royale a été heureuse d’annoncer le 30 septembre 2015, en douce, élections régionales oblige, les 25 communautés de communes lauréates qui auront la joie de devenir des « villes respirables dans 5 ans »… Ce sont 735 communes qui sont concernés, 15 millions d’habitants, soit 24% de la population ! Et cela ne semble que le début car il va de soi que demain, toute la France sera soumise à ce dispositif.
De quoi donner un bon bol d’air à notre semblant de croissance économique, sans parler des rentrées de TVA grâce à tous ces véhicules achetés neufs par la force la loi !
Étonnamment, le gouvernement légifère pour interdire l’obsolescence programmée dans l’électroménager et par ailleurs créé une loi qui met en place l’obsolescence légiférée pour les automobiles et les motos… Que vont devenir ces autos trop anciennes? Vont-elles partir à la casse? Ces vieux diesels, qui avaient pourtant la faveur des pouvoirs publics durant près de deux décennies, avec un carburant meilleur marché et une TVA récupérable, qui représentent 60% du parc automobile français deviennent tout bonnement obsolètes à compter de 2016.
N’était-il pas plus simple et véritablement plus écologique d’imposer le remplacement du filtre à particules tous les 2 ans par exemple, avant chaque contrôle technique qui en vérifierait la régularité?
Ne pourrait-on pas autoriser, voire encourager, le retrofit?
C’est la possibilité de monter un filtre à particules plus performant mais pas d’origine sur un véhicule plus ancien. Ce dispositif est déjà autorisé pour les poids lourds et donc connu par le ministère de l’environnement. Ces mesures sont contraignantes mais elles sont acceptables et surtout elles sont justes tant du point de vue du consommateur citoyen que du point de vue de l’écologie et enfin elle laisse non seulement la liberté de rouler dans le véhicule de son choix mais aussi le libre choix au propriétaire du véhicule de changer soit son FAP de façon régulière et récurrente, soit de changer de véhicule, selon ses moyens ou de ses envies tout en préservant l’environnement de ces millions de véhicules rendus inutiles donc mis à la casse.
Quant aux véhicules essence, le parc automobile se modernise de lui-même avec le temps et si le gouvernement souhaite accélérer le processus alors il est de son devoir de mettre place un dispositif attractif de prime à la casse comme cela a déjà été fait, mais pas en imposant sous couvert de la consensuelle écologie, un dispositif restrictif digne d’une dictature qui va seulement et uniquement dans le sens de l’économie de marché et des industriels.
Allez, profitez une dernière fois de cette image d’une ancienne dans Paris. Vous n’êtes pas prêts d’en revoir une…

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[divider]Sources[/divider]
Site de la ville de Paris / Projet Villes Propres / Ministère de l’écologie / Villes respirables dans 5 ans / 40 Millions d’automobilistes / Auto Moto / FFVE / Arrêté permettant le rétrofit
